Lettre à la rédaction reproduite du quotidien Des Moines Register
Imprimée le 4 août 2007 (version originale en anglais)
Soumise par Karen Muelhaupt, vice-présidente, Iowa Board of Parole
Il est effroyable de lire au sujet des récents crimes dans l’État du Connecticut, où deux détenus en libération conditionnelle auraient assassiné une famille. Ce scandale public remet en question le raisonnement sur lequel la commission des libérations conditionnelles du Connecticut a fondé sa décision de libérer ces hommes. Bien que je ne puisse mettre en cause les décisions de la commission des libérations conditionnelles de cet État, je peux expliquer la complexité des décisions d’une commission de libérations conditionnelles.
L’Iowa Board of Parole compte cinq membres nommés par le gouverneur. Ces personnes sont chargées de libérer les hommes et les femmes du système carcéral d’Iowa. La sécurité publique est de la plus haute importance dans leur esprit au moment de décider si un individu peut ou non être libéré des murs de la prison. L’année dernière, la commission a examiné au-delà de 14 000 cas, parmi lesquels les membres ont prudemment choisi d’en libérer 4 600. Le système carcéral a admis 6 000 nouveaux prisonniers au cours de la même période. Nul ne doit être mathématicien pour comprendre que l’état de population carcérale est un sérieux problème. La commission, bien qu’ayant connaissance du nombre de prisonniers incarcérés, ne libère que ceux et celles dignes de l’être.
Chaque libération est grandement considérée. Les faits du délit, les antécédents personnels, les besoins de traitement, le soutien familial et communautaire, le risque de récidive et l’avis de la direction des services correctionnels et de la victime ne sont que quelques-uns des facteurs examinés par la commission. Selon la loi de l’État d’Iowa, la plupart des peines infligées sont réduites de moitié ou plus dès qu’un délinquant s’inscrit dans le système carcéral. Il est aussi à noter que 93 pour cent de tous les détenus seront un jour libérés, soit par une décision de la commission ou l’expiration de leur peine.
La recherche et l’expérience démontrent qu’attendre qu’un délinquant purge sa peine et le libérer sans aucune supervision constitue un précédent dangereux. Il est prudent de libérer un individu avec le temps qu’il faut pour réussir la transition sociale à l’aide des conseils attentifs d’un agent de libération conditionnelle. Ces individus s’installeront dans nos communautés comme nos voisins, et une réinsertion positive prend du temps
Une mise en liberté graduelle peut signifier un séjour dans un centre de placement à l’extérieur, où il y a une liste d’attente de plusieurs mois avant d’y être admis. Trouver un logement adéquat, accomplir la recherche d’emploi, déterminer les besoins de traitement prolongé et se réunir avec sa famille sont tous des parties d’un tout qui consiste à réussir le processus de réinsertion. Plusieurs États fait fi du sytème de libération conditionnelle, et les retombées en ont été désastreuses. Les experts sont en accord que la surveillance à l’extérieur de prison est la clé du succès de la libération.
Il est évident que les délinquants non violents seront les premiers dont la commission considérerait la libération. Pourtant, même les délinquants les plus odieux verront la fin de leur peine, et ces individus doivent être surveillés d’encore plus près et pendant une période de temps prolongée.
La commission des libérations conditionnelles a une grande responsabilité. Priver un individu de sa liberté ou la lui accorder n’est pas une décision à prendre à la légère. La sécurité publique de l’État du Iowa est d’une importance capitale pour la commission. Chaque délibération est tenue attentivement entre au moins trois membres de la commission.
Néanmoins, le comportement humain ne peut malheureusement pas être prédit à 100 pour cent. Je suis convaincue que toute commission craint qu’un individu qu’elle a mis en liberté commette un délit violent. Advienne que pourra, il faut souhaiter que tous les faits soient examinés avant d’accuser qui que ce soit autre que l’auteur du crime.

